Tirage en croix : la méthode, 5e carte comprise
Quatre cartes tirées, une cinquième calculée : la méthode du tirage en croix, les trois grilles de positions qui circulent, et laquelle choisir.
Publié le 11 septembre 2026
Le tirage en croix se pose à cinq cartes : quatre tirées face cachée, et une cinquième obtenue en additionnant les numéros des quatre premières. Chaque position répond à une question précise. La difficulté n'est pas de poser les lames — elle est de savoir quelle grille de lecture vous employez, car il en circule plusieurs.
Comment faire un tirage en croix, geste par geste
- Formulez votre question à voix haute, en une phrase, avant de toucher le jeu.
- Isolez les 22 arcanes majeurs si vous débutez ; le jeu complet viendra plus tard.
- Mélangez en tenant la question en tête, puis coupez d'une main.
- Tirez quatre cartes face cachée et posez-les en croix : gauche, droite, haut, bas.
- Retournez-les dans l'ordre où vous les avez posées, jamais en vrac.
- Calculez la cinquième à partir des numéros des quatre autres, et posez-la au centre.
Le geste tient en six lignes. Ce qui suit tient beaucoup moins facilement, et c'est là que la plupart des lectures déraillent.
Pourquoi vous trouvez trois grilles de positions différentes
Ouvrez cinq pages sur le tirage en croix et vous obtiendrez des grilles incompatibles entre elles. Sur la carte de droite, l'une vous dira « le contre », une autre « le futur », une troisième « ce qui vient de l'extérieur ». Ce ne sont pas des nuances de vocabulaire. Ce sont des traditions différentes, et personne ne prend la peine de vous le signaler.
L'encyclopédie elle-même en documente deux, côte à côte, sans les départager.
| Position | Grille temporelle | Grille du pour et du contre | Grille des acteurs |
|---|---|---|---|
| Carte 1 (gauche) | le passé | ce qui plaide pour | vous, votre part |
| Carte 2 (droite) | le futur | ce qui plaide contre | l'autre, l'extérieur |
| Carte 3 (haut) | ce que vous savez | la situation présente | ce qui concilie les deux |
| Carte 4 (bas) | ce que vous ignorez | le résultat | le résultat |
Regardez la ligne « Carte 2 ». Selon la grille, la même lame annonce ce qui vous attend, ou ce qui vous freine, ou ce que fait quelqu'un d'autre. Une lecture faite avec la mauvaise grille n'est pas approximative : elle est fausse, et rien dans le tirage ne vous le dira.
Quelle grille choisir selon votre question
La règle est plus simple qu'on ne le croit, et elle se décide avant de mélanger.
Une question qui porte sur le temps — « comment cela va-t-il évoluer ? », « qu'est-ce qui me poursuit encore ? » — appelle la grille temporelle. Une question qui porte sur une décision — « dois-je accepter ? », « est-ce que je pars ? » — appelle le pour et le contre, qui met les deux plateaux de la balance sous vos yeux. Une question qui met en jeu quelqu'un d'autre appelle la grille des acteurs.
Choisissez avant, notez-la sur votre feuille, et tenez-vous-y jusqu'au bout du tirage. Changer de grille en cours de lecture parce qu'une carte « irait mieux » ailleurs, c'est se raconter une histoire. Si vous hésitez sur la formulation même de votre question, la méthode pour transformer une question fermée en question exploitable vaut pour le tarot comme pour une consultation.
Comment calculer la cinquième carte, chiffre par chiffre
C'est la particularité de ce tirage : la carte du centre ne se tire pas, elle se déduit. On additionne les numéros des quatre lames posées ; si la somme dépasse 22, on additionne les chiffres du résultat.
Prenons un tirage entier. Vous avez posé La Papesse (II), L'Amoureux (VI), l'arcane sans nom (XIII) et La Lune (XVIII).
- Addition : 2 + 6 + 13 + 18 = 39
- 39 dépasse 22, on réduit : 3 + 9 = 12
- La synthèse est l'arcane XII, Le Pendu.
Un détail vous fera trébucher si personne ne vous l'a dit : le tarot de Marseille écrit ses nombres en notation additive, héritée des cartiers. Sur les lames, vous lirez IIII et non IV, VIIII et non IX, XVIIII et non XIX. Un jeu qui affiche « IV » pour L'Empereur n'est pas un tarot de Marseille — les autres marqueurs d'un vrai jeu marseillais sont détaillés dans le guide des 22 arcanes majeurs. Quand vous additionnez, c'est bien 4, 9 et 19 qu'il faut compter.
Les deux méthodes de calcul ne donnent pas la même carte
Voilà ce que les pages qui enseignent la croix passent sous silence. Il existe une seconde façon de ramener la somme dans la plage des arcanes : au lieu d'additionner les chiffres, on retranche 22 autant de fois que nécessaire.
Reprenez le tirage précédent, dont la somme fait 39.
- Par réduction des chiffres : 3 + 9 = 12 → Le Pendu.
- Par soustraction : 39 − 22 = 17 → L'Étoile.
Le Pendu et L'Étoile. Une suspension qui demande d'attendre, ou un apaisement qui annonce que le pire est passé. Ce sont deux conclusions opposées, tirées des mêmes quatre cartes, par deux méthodes également documentées.
Il faut donc trancher, et le dire. La réduction par addition des chiffres est la plus répandue et c'est celle que décrit l'encyclopédie ; c'est celle que nous employons ici, et c'est celle que nous vous conseillons si vous n'avez pas de raison d'en préférer une autre. Ce qui compte davantage que le choix lui-même : ne pas calculer les deux puis garder celle qui vous arrange.
Deux arcanes que le calcul ne peut jamais désigner
Cette conséquence-là, nous ne l'avons lue nulle part, et elle se vérifie en trois lignes d'arithmétique.
La plus petite somme possible avec quatre arcanes différents est 1 + 2 + 3 + 4 = 10. Comme 10 ne dépasse pas 22, elle n'est pas réduite : la synthèse vaut 10, pas 1. Et toute somme supérieure à 22 se réduit à 3 au minimum — la somme 30 donne 3, aucune ne descend plus bas.
Résultat : Le Bateleur (I) et La Papesse (II) ne peuvent jamais sortir en carte de synthèse calculée. Les deux premières lames du jeu, celle du commencement et celle du savoir tenu secret, sont structurellement absentes du centre de la croix.
Il y a une conséquence pratique. Les arcanes élevés — de La Maison Dieu (XVI) au Monde (XXI) — n'apparaissent au centre que si la somme vaut exactement leur numéro, ce qui suppose quatre lames très basses. Voir Le Monde en synthèse est donc rare, et cette rareté n'a rien de mystique : elle est arithmétique. Sachez-le avant d'y lire un signe.
Un tirage en croix lu du début à la fin
Reprenons le tirage complet, avec la grille temporelle, sur une question de travail : « qu'est-ce qui bloque ma recherche de poste ? »
Carte 1, le passé — La Papesse (II). Une période d'étude, de retrait, de préparation silencieuse. Vous avez accumulé sans montrer.
Carte 2, le futur — L'Amoureux (VI). La lame du choix, pas celle de la romance. Ce qui vient demande de trancher entre deux voies, et non d'attendre la bonne.
Carte 3, ce que vous savez — l'arcane sans nom (XIII). Vous savez déjà que quelque chose doit se terminer. La lame nomme la coupure nette, le passage : ici, la fin d'une façon de chercher qui ne produit plus rien.
Carte 4, ce que vous ignorez — La Lune (XVIII). Ce qui vous échappe touche au flou de votre propre demande. Vous ne savez pas encore précisément ce que vous cherchez, et cela se voit de l'extérieur.
Carte 5, la synthèse — Le Pendu (XII). La croix se referme sur une suspension volontaire : arrêter de postuler dans le vide, accepter une période d'immobilité utile pour clarifier la demande, et choisir ensuite.
La lecture se tient parce que les cartes se répondent : le retrait de La Papesse au passé et la suspension du Pendu au centre parlent la même langue, La Lune explique pourquoi le choix de L'Amoureux n'est pas encore possible. Une croix ne se lit pas lame après lame — c'est le rapport entre deux cartes voisines qui porte le sens, et une synthèse calculée qui contredirait les quatre autres serait le signe qu'on s'est trompé quelque part.
Quatre erreurs qui rendent une croix illisible
Poser la question après le tirage. Une croix tirée sans question devient un test de Rorschach : vous y lirez ce qui vous préoccupe déjà.
Rejouer le tirage jusqu'à obtenir mieux. Le deuxième tirage sur la même question ne corrige pas le premier, il le remplace par du bruit.
Traiter la synthèse comme un verdict. Elle résume l'atmosphère des quatre lames ; elle ne les annule pas et ne décide rien à votre place.
Mélanger les traditions. Plaquer des significations issues d'un autre jeu sur des lames de Marseille produit des lectures qui ont l'air justes et ne le sont pas.
Faut-il commencer par le tirage en croix ?
Non, et c'est une position que nous assumons contre une bonne partie de ce qui se publie. La croix demande de tenir cinq positions en tête, d'arbitrer entre trois grilles, de faire un calcul et de lire des rapports entre lames. Cela fait beaucoup pour une première fois, et le résultat le plus fréquent est une lecture qui tourne en boucle sur la carte la plus impressionnante.
Un tirage à trois cartes apprend la même grammaire avec deux fois moins de matière. Quand vous lirez trois lames sans hésiter, la croix vous paraîtra simple. Si vous cherchez d'abord à savoir quel support convient à votre question, notre comparaison du tarot et des oracles répond avant le choix du tirage.
Et il y a une limite qu'aucune méthode ne franchit : un tirage éclaire une situation, il ne prédit pas les décisions des autres et ne remplace aucun avis médical, juridique ou financier. Ce qu'une lecture peut et ne peut pas voir vaut la peine d'être lu avant de poser une question qui engage vraiment quelque chose.
Sur UniversVoyance (Univers Voyance), nos tarologues lisent en direct par chat, par appel audio ou en visio ; chacune fixe son tarif à la minute et il s'affiche avant que la consultation commence. Voir une tarologue disponible a du sens quand une croix vous laisse devant une contradiction que vous n'arrivez pas à dénouer seule — c'est précisément là qu'un regard extérieur travaille.
Ce qui coince encore quand on pose sa première croix
Combien de cartes faut-il pour un tirage en croix ? Cinq : quatre tirées et une calculée. Certaines écoles tirent la cinquième au hasard plutôt que de la calculer, ce qui est une variante reconnue — mais on perd alors le lien arithmétique entre le centre et les quatre lames.
Peut-on faire une croix avec le jeu complet, mineurs compris ? Oui. Les 78 cartes se répartissent en 22 majeurs et 56 mineurs, et rien n'interdit de tirer dans l'ensemble. Le calcul de la synthèse devient en revanche discutable, puisque les mineurs ne portent pas de numéro d'arcane comparable.
Dans quel ordre lire les cinq cartes ? Dans l'ordre où vous les avez posées, puis la synthèse en dernier. Commencer par le centre revient à décider de la conclusion avant d'avoir lu l'histoire.
La cinquième carte peut-elle être une lame déjà sortie ? Oui, et c'est un cas intéressant : le calcul redésigne alors une lame déjà présente, ce qui souligne son poids dans le tirage plutôt que d'ajouter une information nouvelle.
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